Pour Paris Habitat, il s’agit d’un enjeu central. Cette question de "l’innovation sociale au service des locataires" traverse en effet ses politiques sociales. Elle infuse aussi nécessairement l’ensemble de ses actions, portées au service des locataires. Dans le même temps, il convient de rappeler que ces enjeux dépassent la seule question du logement. C’est vrai pour les questions de maintien à domicile, d’autonomie, d’isolement et de santé mentale. C’est aussi vrai lorsque l’Office aborde les enjeux de précarité économique.
Ce 22 juin, ce sont Maxime Crosnier, adjoint au maire de Paris chargé des seniors et des enjeux démographiques, et Cécile Belard du Plantys, directrice générale de l’Office, qui ont ouvert les échanges. Structurés autour de deux tables rondes réunissant les partenaires de Paris Habitat opérant sur plusieurs dispositifs sociaux, ces débats ont profité d’un éclairage de Camille Descateaux, doctorante au Centre de sociologie des organisations (CSO) et ont été ponctués d’échanges avec la salle.
La première table ronde portait sur la question de "l’isolement, de la santé mentale et de l’autonomie" et réunissait Delphine Bonal, directrice de l’action sociale et solidaire de la Fondation Maison des Champs, Laurie Garrigue, responsable de l’animation territoriale à la Maison des Aînés et des Aidants Paris Ouest, le docteur Catherine Boiteux, cheffe de pôle au GHU Paris psychiatrie et neurosciences, Maud Meylant, chargée de mission équipes ELIAHS, et Séverine Dosjoub, conseillère sociale à Paris Habitat.
La deuxième table ronde s’est saisie de la problématique de la précarité économique et de la lutte contre le non-recours aux droits. Y participaient Marine Gotteland, chargée de mission "Territoires zéro non-recours" à la ville de Paris, Martin Harter, coordinateur de la conciergerie seniors à l’association 13 Avenir, Betty Levy, cheffe de service Passe famille à l’UDAF, Lotfi Ouanezar, directeur général d’Emmaüs Solidarité, et Emmanuelle Bouzoummita, référente relation clientèle chez Paris Habitat.
Au terme de cette matinée riche, un constat partagé s’est imposé. Dans leur conclusion, Florian Maillebuau, directeur des politiques sociales, et Emmanuelle Copin, directrice générale adjointe en charge de la proximité et de la qualité de service de Paris Habitat, sont revenus sur le contexte marqué par des situations sociales de plus en plus complexes. Les enjeux portés au quotidien par l’Office relèvent avant tout d’enjeux de parcours de vie, de dignité et d’accès effectif aux droits. "Ce sont même les conditions de l’émancipation", comme l’a souligné Cécile Belard du Plantys. Or, derrière toutes ces fragilités, se cachent des mécanismes bien identifiés : complexité des démarches et fracture numérique notamment. Pourtant, des solutions existent déjà. Les équipes de Paris Habitat s’en sont emparées. Il s’agit d’aller vers les locataires pour "tricoter avec eux la réponse adaptée", selon les termes de Maud Meylan et créer les conditions de la confiance, simplifier l’accès aux droits. Il s’agit encore pour l’Office en tant que bailleur au plus près des locataires, de continuer à repérer les fragilités afin de coordonner les interventions. Les priorités sont donc claires : décloisonner les approches, accélérer l’accès aux droits et renforcer les coopérations locales. C’est en effet au plus près des besoins, collectivement, que les réponses les plus efficaces se construiront.