Depuis plusieurs années, Paris Habitat mène d'importants travaux de rénovation thermique sur son patrimoine. Résultat : les besoins en chauffage diminuent progressivement. En revanche, les consommations d'eau chaude sanitaire restent relativement stables, faisant de ce poste un enjeu croissant pour les habitants.
“ Dans ce contexte, nos campagnes de sensibilisation et d'entretien de la robinetterie ont fait baisser la consommation d'eau chaude d'environ 5 % entre 2014 et 2025 mais elle s'est stabilisée depuis trois à quatre ans. ”
Cette évolution modifie toutefois l'équilibre des dépenses énergétiques. "Dans un immeuble réhabilité ou récent, le coût du chauffage est divisé par deux tandis que l'eau chaude sanitaire reste au même niveau", souligne-t-elle.
Un enjeu à la fois environnemental et économique
Pour Paris Habitat, la maîtrise de l'eau chaude sanitaire répond à un double objectif, réduire l'empreinte environnementale du patrimoine tout en limitant l'impact des charges sur le budget des locataires. L'Office agit sur plusieurs leviers complémentaires dont l’amélioration des équipements, l’entretien des installations, l’optimisation des réseaux de distribution et la sensibilisation aux écogestes. Cette approche globale permet d'identifier les sources d'économies les plus pertinentes et de garantir la performance des installations dans la durée.
Expérimenter pour préparer l'avenir
Dans le cadre de sa stratégie de décarbonation, Paris Habitat étudie également de nouvelles solutions de production d'énergie renouvelable et de récupération. L'une d'elles a été déployée avenue Philippe-Auguste, dans le 11e arrondissement. Grâce à des panneaux géothermiques installés sur les parois d'un parking souterrain, la résidence produit une partie de l'énergie nécessaire à l'eau chaude sanitaire de ses 72 logements. Les résultats obtenus dépassent les prévisions initiales. "Après un an et un été complet, nous sommes à 37 % de couverture à l'année, jusqu'à 50 % l'été. Concrètement, le volume de gaz des mois estivaux a été divisé par deux", indique Jessica Grégoire.
Concilier innovation et maîtrise des charges
Pour Paris Habitat, l'objectif reste constant : réduire progressivement la dépendance aux énergies fossiles tout en préservant le pouvoir d'achat des locataires. « Le socle reste la continuité de service », rappelle Jessica Grégoire. "À minima, l'énergie économisée doit compenser le coût d'entretien des équipements complémentaires, pour ne pas alourdir la dépense des locataires." Chaque expérimentation fait ainsi l'objet d'un suivi précis afin d'évaluer ses performances énergétiques, son coût d'exploitation et sa capacité à être déployée à plus grande échelle. Une démarche pragmatique qui permet à Paris Habitat d'identifier les solutions les plus adaptées aux spécificités de son patrimoine et aux besoins des locataires.